Tout juste rentré de son voyage à Hong Kong, Tim Marsh, nous raconte l’exposition qu’il y a présenté, ses rencontres, ses réalisations sur les murs de la ville et cette expérience à la dimension humaine incroyable!

16 heures, une escale, et 27 muscles douloureux après avoir embarqué, nous arrivons enfin à Hong Kong. Un coup de train, et Baptiste, tôlier de l’Épicerie Fine, nous récupère afin de nous emmener à Wan Chai, quartier branché de l’Île d’Hong Kong où on a organisé une expo, motif de notre venue dans cette cité futuriste. Et exactement comme je l’imaginais, les premiers pas dans cette ville mettent une claque. On avait débarqué tout droit dans Ghost in the shell. Des buildings à n’en plus finir, des couleurs, des écrans géants partout en hauteur : si tu viens pour voir de la ville – j’entends par là de la Mégalopole, de la vraie – tu ne seras pas déçu. Un autre détail qui marque, c’est la richesse que respire cette ville. Des enseignes prestigieuses à chaque vitrine, et des voitures de luxe partout dans les rues. Les gens sont là pour faire des Hong Kong dollars, et les exhiber.

Baptiste nous emmène donc à la Stallery, petite galerie créé par Ernest, lui aussi artiste dans une rue un peu plus tranquille. Ici, pas de bling-bling, mais une petite rue beaucoup plus populaire, jonchée de 2 temples, entres ateliers de réparation de voitures… j’aime.

Avant ma venue, Baptiste s’était démené pour trouver quelques murs à peindre dans le quartier, et la première à avoir osé nous laisser peindre est la voisine de la galerie, Wendy. Une fois l’expo installée, je m’attèle donc à préparer le mur. Des années de posters collés sur la paroi les avaient incrustés dans le mur, et cette étape s’avère beaucoup plus compliquée que prévue. Raclette : rien à faire. Papier de verre : échec. C’est en me voyant galérer qu’un petit vieil homme qui avait une espèce de petite boutique en face du mur m’apportât une machine à poncer. Bien entendu, il ne parlait pas un mot d’anglais, et moi encore moins le chinois. Un échange en mime s’amorce, on rigole tous les deux, et une discussion sans un mot s’installe. La boutique de ce petit être était en fait plein de choses qu’il récupère, retape et revend. Étonnant. N’ayant pas vraiment encore pensé à quoi peindre, et en tant que bon fan de DBZ (Dragon Ball Z, pour les incultes, manga japonais inspiré d’une vieille légende chinoise), je me dis que faire un dragon traditionnel chinois, avec une tête de Shenron (le dragon dans DBZ) pourrait être marrant. J’expose l’idée à Baptiste, il est chaud. Ensuite à Wendy, la propriétaire du mur, et ses yeux se mettent à briller. Elle n’a évidemment aucune connaissance de Dragon Ball, mais m’explique que l’image d’un dragon leur apporterait chance, et tout plein de trucs cools. Le choix était fait. Et là, pendant deux jours, les habitants du quartier on commencé à nous apporter eau, boissons gazeuses, puis nourriture, argent (!), à nous parler, à se parler entre eux… la magie avait opéré. Des étrangers avaient non seulement été totalement acceptés dans la vie quotidienne des riverains, mais le fait d’apporter des couleurs sur leurs murs aussi. Mais surtout, des voisins qui ne s’étaient jamais parlés auparavant ont fait connaissance, grâce à quelques bombes de peinture. Et ça, c’était un moment Nutella.

Bao, artiste locale que j’avais rencontré sur un festival à Bristol, est venue nous saluer au vernissage. Elle m’explique que de trouver des murs à Hong Kong n’est pas une mince affaire, et je lui propose donc de trouver un mur à faire ensemble. Ricky, qui importe des produits comestibles européens dans le quartier, nous entend de loin, et nous propose le mur adjacent à son magasin. Le rendez-vous était fixé. 10h. On arrive au mur, et Ricky (le proprio du mur) nous annonce qu’il veut nous préparer le repas du midi. À nous qui peignons, et nos potes. On se sent un peu gênés, mais on accepte volontiers. Un peu de peinture, on est là pour ça tout de même, et le tôlier nous indique que le repas est prêt. Tagliatelles aux truffes noires et coquilles Saint Jacques, et Chianti. On hallucine. Et se régale. Il est temps de se remettre au boulot, pour une après-midi de peinture et de discussions avec les voisins, curieux, et désormais totalement ouverts au fait qu’on soit en train de repeindre leur quartier. La technique de Bao est impressionnante, et sa rapidité tout autant. Elle fait tout au pinceau, et je pensais en premier lieu que sa partie prendrait beaucoup de temps, avec les temps de séchage. Mais que néni. Notre peinture commence à prendre forme, de manière complètement naturelle. On a les mêmes visions en tête, et les échanges d’idées nous font passer une aprèm’ entre rires et bonne humeur.

Le boulot terminé, Ricky nous annonce qu’il ne faut rien prévoir pour le dîner, et qu’il nous emmène à un resto populaire chinois. Quelques kilomètres de voiture, un parking glauque, un monte-charge encore plus étrange, qui s’ouvre sur un étage entier de restaurant totalement incroyable. Ici, le luxe n’est pas de rigueur. Des tablées qui braillent, d’autres qui chantent, les gens viennent pour passer un bon moment, et non pour exhiber leurs dollars. Et manger des plats excellents, et bizarres à la fois. Estomac de poisson, pieds de poulet, concombre de mer… nos papilles en ont pris pour leur grade.

Les deux jours suivant, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir un peu la ville, et ses alentours.
Ce qui reste en tête, c’est le contraste entre la haute classe, et les classes plus populaires, ce contraste étant très marqué. C’est un peu dérangeant. Comique parfois, comme le fait de voir des ateliers de réparations de voitures dans une rue un peu crade, remplis de Ferraris, Porsches, Mazeratis… Autre fait étonnant, c’est la vegetation autour de la ville. Je m’attendais à me retrouver dans une ville où la nature aurait disparu, ou presque. Mais en fait, 70% de l’île est recouverte de vegetation. J’entends par là de la jungle, où la race humaine n’a pas sa place. Pas de chemins de terre, pas de ballades, mais des dizaines d’hectares où la nature n’a jamais été touchée.

Il reste 2 jours à Hong Kong, remplis de repas organisés, mais avec un peu de temps libre. Il reste des bombes, de quoi faire une petite pièce. Quelques heures devant nous, c’est parti. En fin d’aprem’, la dernière pièce était finie. Il est temps pour nous de démonter l’expo, aller livrer les pièces, et de préparer nos sacs pour notre prochaine aventure : les Philippines. Mais ça, c’est une autre histoire… Un énorme merci à Baptiste de l’Épicerie Fine et à ses parents, à Ernie de la Stallery, à Wendy, Ricky, Christina, et leur famille, à la Blue House, à Tatiana pour son soutien et sa patience, et à tous ceux qu’on oublie pour cette aventure humaine incroyable!

Un grand merci à Tim Marsh de partager ce récit de voyage et ces beaux moments !
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